Retour à la maison # Atelier d’écriture 279

Texte écrit sur une photo de Kot dans le cadre du 279ème atelier d’écriture proposée par Leiloona.

Voici en quelques mots, ce que cette photo m’a inspiré

Elle marchait seule dans cette rue entourée de bâtiments immenses qui lui cachaient presque le soleil … Elle marchait vite, pour un peu, elle aurait couru … Elle n’avait qu’une hâte, le retrouver, sentir son odeur, le respirer comme pour retrouver la mémoire …

Plus que quelques rues et elle arriverait devant la porte. Elle sonnerait à la porte, il ouvrirait et … elle se jetterait dans ses bras et ils s’embrasseraient … Les souvenirs douloureux de sa mission s’estomperaient sous la chaleur de leurs baisers.

Elle marchait dans la rue et commença à ralentir le pas, faire durer ce moment des retrouvailles, c’était si bon … C’était si fort de penser à lui, d’oublier ces enfants morts explosés par des bombes.

Elle marchait dans la rue et arriva enfin devant la porte. La porte était déjà ouverte, il l’attendait, il savait qu’elle arrivait. Elle avait enfin fini sa mission d’infirmière de guerre et rentrait définitivement à la maison.

 

Sur les marches # Atelier d’écriture 276

 

J’étais sur le parvis de l’église, j’attendais que viennent à moi, les confessions des mamies de mon village. J’aimais écouter leurs péchés véniels, unetelle avait mangé deux carrés de chocolat, l’autre s’était regardé trop longtemps dans un miroir et celle-là qui avait médit sur sa voisine … Comme je les aimais les femmes âgées de mon village ! Finalement, ces confessions tous les jeudis matins rompaient nos solitudes … moi, dans ma vie choisie de célibataire au service de Dieu, elles, dans leur veuvage non choisi, Dieu ayant rappelé à lui leurs maris …

J’étais si bien, ici, dans cette église sombre et chaude à la fois. Chaque fois que j’entrais dans la maison de Dieu, je me sentais bien, apaisé, habité d’une force, prêt à sauver les âmes de mon village … Oh, je ne sauvais pas grand monde, les jeunes étant partis à la ville … le dernier baptême remonte à cinq ans et le mariage à … Ouh ben, je m’en souviens plus … Je ne parle pas du dernier sacrement que je donnais régulièrement malheureusement … mais grâce aux confessions, les âmes partaient légères vers le paradis …

J’étais là, sur le parvis de l’église, remerciant Dieu pour tout ce qu’il m’avait offert, cette vie au service de l’humain … j’espère avoir été à la hauteur de ma tâche …

Texte écrit sur une photo de Romaric Cazaux dans le cadre de l’atelier d’écriture proposée par Leiloona

Nous avions 20 ans # Atelier d’écriture 275

– Tu te souviens ? Nous avions 20 ans …

– Mon Dieu, c’était hier …

– C’était un 16 septembre en 1970, j’ouvrais ma boutique de glaces et toi, ta boutique de livres-salon de thé … Nous étions jeunes et motivés ! Comme on travaillait dur, sept jours sur sept en été pour satisfaire les touristes ! Combien d’anecdotes pourrions-nous raconter à nos petits-enfants ?

– Tu te rappelles de cette femme qui voulait absolument une glace au caramel beurre salé  car elle était enceinte ?

–  Oh oui, le scandale qu’elle a piqué parce que tu étais en rupture de stock …

– On ne pouvait pas comprendre que ce parfum était le seul qui lui rappelait l’homme qu’elle avait aimé sur une plage bretonne …

– Cette jolie petite fille, qui hésitait entre un livre d’Enid Blyton ou une glace … la petite souris était passée la veille !! Elle était si heureuse sa pièce dans la main !!

– Elle était mignonne avec son sourire édentée ! Tu lui as offert le livre et elle s’est acheté une glace à la vanille. Sans attendre, elle a commencé son livre sur le banc devant la boutique en léchant sa glace … Sais-tu  ce qu’elle est devenue ?

– Oui, elle est éditrice. J’aime à penser que c’est un peu grâce à ce cadeau qu’elle a aimé les livres …

– Et ce jeune homme qui voulait offrir à sa dulcinée un bouquin qui parlait d’amour mais pas trop ? Oui, vous comprenez, je ne veux pas que ma fiancée pense que je suis fou d’elle mais un peu quand même …

– Te rappelles-tu ce couple âgé qui buvait un thé en se dévorant des yeux, il fêtait leurs 60 ans de mariage ?

– Ils étaient si beaux et nous voulions leur ressembler et vivre nous aussi, une histoire éternelle. Nous l’avons eu, n’est ce pas ?

La nostalgie prend l’homme et la femme qui, depuis leur retraite, continuent tous les jours à venir devant leur magasin maintenant tenus par leurs petits-enfants. Ainsi l’âme de ces boutiques continue à faire rêver les touristes de l’île de Croustignou…

Texte écrit sur une photo de Romaric Cazaux dans le cadre de l’atelier d’écriture proposée par Leiloona

Merci à Gabrielle Zevin et Abby Clements qui m’ont inspirée cette histoire 🙂

Un arc en ciel dans la rue

© Leiloona

© Leiloona

Mes pas m’avaient poussée ici, dans cette rue londonienne et là quel éblouissement un arc en ciel de maisons, c’était beau et je me suis mise à chantonner  » Lucy in the sky »

J’étais venue à Londres en pèlerinage, en souvenir d’une histoire oubliée ! Nous nous aimions en ce temps-là …

Et là, cet arc-en-ciel de façades colorées a réchauffé mon cœur … après la pluie, le soleil … cet arc en ciel était le premier pas vers ma guérison 🙂

Voici ma participation à l’atelier proposé par Leiloona

Le principe est celui-ci :
– j’écris un texte à partir de la photo proposée.
– je le publie le lundi matin.
– la consigne « pas de genre, ton, longueur imposés, mais le teste doit coller à la photo »

Je suis un banc # Atelier d’écriture 234

Leiloona du blog bric à book propose chaque lundi une photo et moi, j’écris les mots qui me viennent en regardant cette photo. Et en ce lundi, voici la photo de Kot et voilà mes mots sortis tout droit de mon imagination

© Kot

Je suis un banc, un banc public de bois peint en vert bouteille. Les gens de la ville m’ont posé là parmi d’autres bancs dans l’allée d’un parc de la ville ! Je connais les 4 saisons. Le printemps et l’éveil des premières amours, des premiers baisers, les mots doux chuchotés par les amoureux assis sur moi ! L’été et les enfants qui dégustent une glace assis ou simplement appuyés sur mon dossier ou qui jouent à saute-mouton avec moi. L’automne et ses feuilles rouges, jaunes qui craquent sous les pas des promeneurs qui parfois s’assoient et dégustent des marrons grillés. L’hiver et la neige qui me recouvre, parfois une adolescente amoureuse me dessine un cœur entouré de deux initiales …

Je suis un banc et je suis de tous les instants de ta vie. J’étais là pour ton premier baiser. Je suis là pour les larmes d’un adieu. Je suis de tous tes secrets, tes rencontres furtives avec ton amant, du cadeau à offrir à Maman ou encore de la lecture d’une demande en mariage …

Mais voilà, les gens de la ville ont décidé de me remplacer et de m’envoyer finir ma vie ailleurs sous d’autres cieux. Le modernisme est passé par le parc et à ma place trônera fièrement un banc en béton, plus solide et surtout sans entretien mais si durs et si froids ! Moi, maintenant, je suis au cimetière où si je le pouvais, j’essuierai les larmes des gens tristes …

Je rêvais d’une chaise longue # Atelier d’écriture 232

Leiloona du blog bric à book propose chaque lundi une photo et moi, j’écris les mots qui me viennent en regardant cette photo.

Et en ce lundi, voici la photo de Romaric Cazaux et voilà mes mots sortis tout droit de mon imagination

© Romaric Cazaux

Je rêvais d’une chaise longue à côté de celle de mon homme et nous aurions regardé grandir notre enfant.

Lui et moi = nous ! C’était un rêve … trop beau, trop grand pour moi ! La vie, cette salope, en avait décidé autrement …

Lui, je l’ai rencontré il y a longtemps déjà, oh je savais que c’était un coureur de jupons, une fille différente chaque soir ! J’ai cru que moi je pouvais le changer en une nuit, fut-elle magique !! La vie avait décidé que je porterais l’enfant de cette homme si beau mais tellement égoïste, ne pensant qu’à son plaisir uniquement. Les femmes étaient pour lui des jouets qu’on jette après usage. N’avait-il pas appris à aimer ? Comment faire de lui un père ? Et j’ai eu cette idée démoniaque et romantique à la fois car je savais que si je sonnais chez lui avec l’enfant dans sa poussette, je me ferai jeter …

Après la naissance de mon enfant je savais que mes jours étaient comptés, quelques mois tout au plus. La vie m’offrait cet enfant, la mort allait m’en priver. J’ai commencé à envoyer des lettres à cet homme afin qu’il « me » désire … cela a duré, duré, j’étais inaccessible et cela le hantait, je devenais un fantasme, son fantasme ! Jusqu’au jour où …

Par un soir de brouillard, j’ai organisé une rencontre entre lui et moi ! J’ai posé l’enfant endormi à côté de moi et cachée dans le brouillard, ombre ivoire, je lui ai caressé la joue et l’ai embrassé. J’ai vu l’amour naître en lui pour moi, pour notre enfant ! J’ai vu cet homme froid et incapable d’aimer devenir un père …

Je suis morte le lendemain sereine, apaisée et confiante ! Mon enfant était avec son père et ils vivraient heureux dans la maison au 124 de la rue de la Fidélité, cela ne s’invente pas 🙂

L’ombre du brouillard # Atelier d’écriture 229

Leiloona, du blog bric à book, propose chaque lundi une photo et moi, j’écris les mots qui me viennent en regardant cette photo.

A l’occasion de la rentrée littéraire, Leilonna propose un concours : écrire un texte à partir de la couverture du nouveau roman La fille dans le Brouillard de Donato Carrisi. Leiloona effectuera, ensuite, un tirage au sort pour savoir qui participera à cet atelier d’écriture avec Donato Carrisi !

 

la fille du brouillard donato carrisi

La voix m’a dit « Prends l’enfant et cours ! Tu dois le protéger » J’ai pris l’enfant posé près de l’ombre apparue dans ce brouillard blanc et cotonneux, cette ombre dont je ne voyais que la bouche ! L’enfant dans les bras, je me suis avancé pour poser mes lèvres sur cette bouche aux lèvres rouges et pulpeuses, une main ivoire et douce m’a alors caressé la joue ! J’ai ressenti un immense plaisir et une explosion d’amour pour cette ombre et cet enfant. Puis, j’ai couru sans me retourner, l’enfant me regardait intensément de ses yeux couleur brouillard …