Seules sur un banc # Atelier d’écriture 295

Leiloona du blog Bricabook propose d’écrire à partir d’une photo mais ce coup-ci, elle rajoute une difficulté, insérer des mots au texte ! Yes, moi, je me lance et donc,

voilà la photo

et les mots choisis pantin, asphalte, oxymore, escargot, bois

J’étais partie sur un coup de tête au Vietnam pour l’oublier, pour me retrouver, je ne voulais plus être son pantin mais redevenir la femme que j’étais, celle que je suis !!!

J’ai atterri un beau matin à Hanoï. L’asphalte de la piste d’atterrissage fumait de la dernière pluie … Un temps à escargot comme aurait dit ma Mamé ! Elle aurait adoré ce voyage Mamé, elle, qui vivait ses voyages à travers la télé. Elle aimait tant la chaleur et les gens, ça illuminait son quotidien dans le froid et la solitude … Mais Mamé est avec moi dans mon cœur. Elle est ma force.

Je me suis rendue à l’appart que j’avais loué grâce à Internet. Le proprio, un homme de mon âge, m’a montré le deux pièces où j’allais vivre pendant les 6 prochains mois. Son chien m’a prise en affection et me suit partout … je l’ai appelé Oxymore à cause de la tâche noire sur son œil. Je n’ai vu que ça sur la blancheur de son pelage … Tous les deux, ils me redonnent goût à la vie, à l’aventure …

J’ai parcouru le pays de long en large, j’ai appris la photographie et depuis je capte tout ce que je vois, comme ces deux femmes assises sur un banc en bois. Elles me ressemblent,  l’une regarde en avant et l’autre en arrière ! Je suis à ce stade de ma vie où je dois choisir continuer et vivre cette histoire d’amour débutante avec Zao, le beau propriétaire ou repartir d’où je viens, seule.

Je n’hésite pas, Mamé me souffle de rester et de vivre …

 

 

La commande Internet # Atelier d’écriture 294

Je reprends, grâce à cette photo, l’atelier d’écriture proposé par Leiloona. 

J’avais un peu laissé tomber ce jeu d’écriture mais là, cette photo m’inspire … Alors, zou, c’est parti …

Eh ben, voilà, putain, comment j’ai pu me faire avoir à ce point, quoi, je me giflerais !!!!

Voilà ma commande de livres reçue ce matin, tous les mêmes !! J’enrage, ô désespoir …

Pourtant l’offre était si alléchante, pour quasi rien, j’avais les invendus des romans des auteurs américains les plus célèbres … L’offre disait :

« à vendre pour presque rien romans d’auteur américain – invendus de librairies ayant fait faillite – frais d’envoi offerts  »

Je ne pouvais pas passer à côté ! T’aurais fait quoi toi ?? Je m’imaginais déjà rangeant un Faulkner à côté d’un Hemingway et un Salinger près d’un Twain dans ma bibliothèque, près de la cheminée … Pour attirer les filles, y’a pas mieux que de leur faire croire que tu lis … Mais là, qu’est ce que tu veux que je dragouille avec mes 15 exemplaires « des souris et des hommes » de Steinbeck … Pas gagné que je le lise ce fichu bouquin !

J’aurais dû mieux lire l’annonce, il n’y avait pas de « S » à auteur américain …

Un ciel si bleu # Atelier d’écriture 285

Texte écrit sur une photo de Leiloona dans le cadre du 285ème atelier d’écriture proposée par Leiloona.

Voici en quelques mots, ce que cette photo m’a inspirée

En ce jour radieux de grand départ, mon homme a franchi la passerelle du paquebot immense qui s’impose dans le port. Il est chanteur et anime les soirées des têtes blanches qui préfèrent s’ennuyer à plusieurs en faisant le tour de la Méditerranée …

Le soleil brille, la mer est d’huile … la bateau est prêt à partir … il est parti !!

A moi, les vacances, la belle vie et les nuits de folie avec mon amant …

La vie comme un canal # Atelier d’écriture 284

Texte écrit sur une photo de Emma Jane Browne dans le cadre du 284ème atelier d’écriture proposée par Leiloona.

Voici en quelques mots, ce que cette photo m’a inspiré

Le banc vert n’est plus là mais ça ne fait rien, nos enfants savent où ils doivent faire voler nos cendres …

Notre histoire a vraiment commencé ici sur ce banc vert devant le canal, ce banc où nous nous sommes dit je t’aime pour la première fois. Toutes nos décisions de vie ont été prises là, la naissance de notre amour, notre demande en mariage, l’annonce d’un enfant, la décision d’achat de notre maison … notre vie était comme ce canal calme et tranquille et notre amour a grandi comme cet arbre. La ville venait de le planter à l’aube de notre union !

Ce canal, ce banc, cet arbre étaient à la fois les témoins de notre amour et les symboles de celui-ci ! Et les balades que nous faisions avec les enfants, les premiers pas de notre premier petit enfant devenu grand dorénavant, nous étions arrière-grands parents  … Ce lieu piqûre de rappel d’une vie heureuse.

Nous n’imaginions pas finir notre vie ailleurs que sous cet arbre devant le canal … La vie a décidé que la mort nous emporterait ensemble main dans la main après 70 ans de communion.

En ce matin brumeux, nos enfants nous éparpillent là où tout a commencé. Nous savons qu’ils savent que l’amour dure toujours tout comme l’eau d’un canal coule lentement mais sûrement …

Retour à la maison # Atelier d’écriture 279

Texte écrit sur une photo de Kot dans le cadre du 279ème atelier d’écriture proposée par Leiloona.

Voici en quelques mots, ce que cette photo m’a inspiré

Elle marchait seule dans cette rue entourée de bâtiments immenses qui lui cachaient presque le soleil … Elle marchait vite, pour un peu, elle aurait couru … Elle n’avait qu’une hâte, le retrouver, sentir son odeur, le respirer comme pour retrouver la mémoire …

Plus que quelques rues et elle arriverait devant la porte. Elle sonnerait à la porte, il ouvrirait et … elle se jetterait dans ses bras et ils s’embrasseraient … Les souvenirs douloureux de sa mission s’estomperaient sous la chaleur de leurs baisers.

Elle marchait dans la rue et commença à ralentir le pas, faire durer ce moment des retrouvailles, c’était si bon … C’était si fort de penser à lui, d’oublier ces enfants morts explosés par des bombes.

Elle marchait dans la rue et arriva enfin devant la porte. La porte était déjà ouverte, il l’attendait, il savait qu’elle arrivait. Elle avait enfin fini sa mission d’infirmière de guerre et rentrait définitivement à la maison.

 

Sur les marches # Atelier d’écriture 276

 

J’étais sur le parvis de l’église, j’attendais que viennent à moi, les confessions des mamies de mon village. J’aimais écouter leurs péchés véniels, unetelle avait mangé deux carrés de chocolat, l’autre s’était regardé trop longtemps dans un miroir et celle-là qui avait médit sur sa voisine … Comme je les aimais les femmes âgées de mon village ! Finalement, ces confessions tous les jeudis matins rompaient nos solitudes … moi, dans ma vie choisie de célibataire au service de Dieu, elles, dans leur veuvage non choisi, Dieu ayant rappelé à lui leurs maris …

J’étais si bien, ici, dans cette église sombre et chaude à la fois. Chaque fois que j’entrais dans la maison de Dieu, je me sentais bien, apaisé, habité d’une force, prêt à sauver les âmes de mon village … Oh, je ne sauvais pas grand monde, les jeunes étant partis à la ville … le dernier baptême remonte à cinq ans et le mariage à … Ouh ben, je m’en souviens plus … Je ne parle pas du dernier sacrement que je donnais régulièrement malheureusement … mais grâce aux confessions, les âmes partaient légères vers le paradis …

J’étais là, sur le parvis de l’église, remerciant Dieu pour tout ce qu’il m’avait offert, cette vie au service de l’humain … j’espère avoir été à la hauteur de ma tâche …

Texte écrit sur une photo de Romaric Cazaux dans le cadre de l’atelier d’écriture proposée par Leiloona

Nous avions 20 ans # Atelier d’écriture 275

– Tu te souviens ? Nous avions 20 ans …

– Mon Dieu, c’était hier …

– C’était un 16 septembre en 1970, j’ouvrais ma boutique de glaces et toi, ta boutique de livres-salon de thé … Nous étions jeunes et motivés ! Comme on travaillait dur, sept jours sur sept en été pour satisfaire les touristes ! Combien d’anecdotes pourrions-nous raconter à nos petits-enfants ?

– Tu te rappelles de cette femme qui voulait absolument une glace au caramel beurre salé  car elle était enceinte ?

–  Oh oui, le scandale qu’elle a piqué parce que tu étais en rupture de stock …

– On ne pouvait pas comprendre que ce parfum était le seul qui lui rappelait l’homme qu’elle avait aimé sur une plage bretonne …

– Cette jolie petite fille, qui hésitait entre un livre d’Enid Blyton ou une glace … la petite souris était passée la veille !! Elle était si heureuse sa pièce dans la main !!

– Elle était mignonne avec son sourire édentée ! Tu lui as offert le livre et elle s’est acheté une glace à la vanille. Sans attendre, elle a commencé son livre sur le banc devant la boutique en léchant sa glace … Sais-tu  ce qu’elle est devenue ?

– Oui, elle est éditrice. J’aime à penser que c’est un peu grâce à ce cadeau qu’elle a aimé les livres …

– Et ce jeune homme qui voulait offrir à sa dulcinée un bouquin qui parlait d’amour mais pas trop ? Oui, vous comprenez, je ne veux pas que ma fiancée pense que je suis fou d’elle mais un peu quand même …

– Te rappelles-tu ce couple âgé qui buvait un thé en se dévorant des yeux, il fêtait leurs 60 ans de mariage ?

– Ils étaient si beaux et nous voulions leur ressembler et vivre nous aussi, une histoire éternelle. Nous l’avons eu, n’est ce pas ?

La nostalgie prend l’homme et la femme qui, depuis leur retraite, continuent tous les jours à venir devant leur magasin maintenant tenus par leurs petits-enfants. Ainsi l’âme de ces boutiques continue à faire rêver les touristes de l’île de Croustignou…

Texte écrit sur une photo de Romaric Cazaux dans le cadre de l’atelier d’écriture proposée par Leiloona

Merci à Gabrielle Zevin et Abby Clements qui m’ont inspirée cette histoire 🙂